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 Warriors [ft Orwen]

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Dim 10 Sep - 16:58
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Warriors
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Elle aurait voulu avoir sa soirée pour elle seule, se pencher sur de nouvelles formules et avancer dans tout ce qu'elle avait prévu, notamment les antidotes pour les sérums qu'utilisaient ses parents sur les loups sans en connaître les conséquences, et ainsi œuvrer en secret contre leurs expérimentations. Mais au lieu de ça, elle avait rendez-vous, comme aimaient si bien le dire ses géniteurs. Juste un repas en famille avec l'un de leurs amis. Mais pourquoi fallait-il qu'elle les accompagne ? Elle craignait ce qui allait se passer ce soir, elle pensait bien regretter ce qu'elle allait entendre. Si c'était l'un de leurs amis, elle devrait faire relativement bonne impression, et une fois de plus faire semblant qu'elle était d'accord avec eux, débattant sur des sujets sans queue ni tête. Ils semblaient en plus de cela décidés à prouver qu'ils avaient raison, et que leur fille était dans leur camp. Ils lui avaient même ordonné de bien s'habiller pour l'occasion, alors que c'était une notion dont ils se moquaient en temps normal. Qui pouvait bien se soucier d'être beau sur cette terre ? Il fallait se méfier sans cesse, être prêt à courir si jamais il se passe quelque chose. Mais elle ne voulait pas les vexer, alors elle allait faire ce qu'ils lui demandaient, comme toujours. Attrapant sa robe longue et noir dont le décolleté n'incitait pas à regarder, elle l'enfila, avec ses chaussures à plateformes habituelles, sa veste sombre, avant de s'attaquer les cheveux en une queue de cheval haute, et de s'attaquer à son maquillage. Une étape qu'elle prenait toujours très à cœur, s'appliquant parfois pendant plus de trois heures avant d'être satisfaite de son résultat. Ce soir pourtant, elle n'y parvenait pas. Elle angoissait terriblement, n'ayant pas envie de se rendre à cette soirée entre scientifiques. Elle avait besoin d'air, et elle savait qu'elle n'en aurait pas ce soir. En se regardant dans le miroir pour vérifier qu'elle était fin prête, elle se sentit légèrement culpabiliser. Peu de femmes mettaient des robes ici, c'était très peu pratique dans le milieu hostile dans lequel elles vivaient. Peut-être les mères porteuses en portaient-elles pour que ce soit pratique, et pour donner envie de concevoir un enfant, mais c'était complètement déplacé dans une autre situation. Sentant les larmes lui monter aux joues, elle se déshabilla à la hâte pour enfiler un pantalon noir et un tee-shirt à manches longues qui couvrait la totalité de sa peau. Ainsi, elle pouvait glisser par dessus son habituelle cape noire aux motifs lunaires. Cette fois, ça lui ressemblait, c'était elle. Cette robe, c'était ce que ses parents voulaient qu'elle soit. Une mère porteuse comme toutes les autres, un autre pion dans ce monde, et non un scientifique. Cette place était réservée au fils qu'ils n'avaient jamais eu, une souffrance qu'ils éprouvaient encore aujourd'hui et qu'ils faisaient peser sur leur fille. Soupirant, elle s'assit sur le bord de son lit, cherchant un peu de réconfort dans la solitude de l'instant. Quand elle fermait les yeux ces derniers temps, elle revoyait ceux du méta, et ça la terrifiait. Il n'y avait pourtant rien de malsain dans leur relation, elle était simplement ami avec un loup, et elle tentait de l'aider. Mais il lui avait aussi fait très peur quand ce garde était parti, et que sa transformation avait commencé. Elle avait encore sur les côtes les traces de ses griffes, et la sensation d'être encore écrasée dans ses bras, suffoquant. Pourtant, elle ne parvenait pas à lui en vouloir. Il avait eu peur, c'était normal, et elle s'était sur le moment sentie soumise, incapable, comme toujours. Même si elle était parvenue à atteindre ne serait-ce qu'un millième de sa confiance sous sa forme humaine, et que personne ne le savait, elle avait peur que ce détail ne se découvre un jour. Et chaque fois qu'elle faisait un pas dans la rue, elle avait peur qu'on lui reproche d'avoir eu un contact physique tel avec un loup, ces créatures de la nuit qu'elle peinait à défendre de tous. La peur de se retrouver dans les mêmes cages qu'eux était tout aussi présente que celle de se faire dévorer par l'un des siens. Elle portait son odeur depuis quelques jours malgré les lavages, et elle savait bien que l'odorat d'un loup était développé, et qu'elle risquait donc de se faire repérer. Elle se redressa alors sur ses jambes tremblantes, soufflant, chassant toutes ces émotions qui l'habitaient. Tout va bien se passer, se disait-elle en vain tandis qu'elle quittait l'enceinte de sa petite maison pour s'engouffrer dans l'air frais des ruelles de Réa. Ses pas la portèrent en quelques minutes à la porte de ses parents, et elle frappa puis entra avec hésitation. Il était trop tard pour faire marche-arrière, il lui fallait se ressaisir et vite. Alors, elle arbora un de ses plus beaux sourires et fit semblant d'être heureuse. « Orwen ! Nous sommes ravis de te voir, mon enfant, nous avons tellement de choses à nous raconter ! » lança joyeusement son père en la serrant dans ses bras. Sa mère vint ensuite lui donner une accolade avant qu'ils ne se dirigent tous trois vers le coin aménagé en salle à manger pour l'occasion. « Notre ami ne devrait pas tarder à arriver, installes-toi. » Mais à peine eut-elle posé ses fesses sur la banquette que des coups résonnèrent à la porte. Elle se leva à la hâte, sa mère partant cherchant de quoi boire, son père venant ouvrir la porte. Elle l'observa accueillir cet homme le sourire aux lèvres, lui donnant une rapide accolade avant de l'inviter à avancer. « John, mon ami ! Comment vas-tu ? Je t'en prie, fais comme chez toi ici. Je vais te présenter ma fille, Orwen. Tu verras, c'est une véritable perle. Je vous laisse faire connaissance, je vais aider Yandra à préparer les assiettes. » Il les quitta alors, et Orwen resta tétanisée, observant bouche bée le soldat qui lui faisait face. Pour être certaine de bien avoir vu, elle cligna plusieurs fois des paupières avant de tendre poliment la main vers lui. C'était l'homme qui l'avait vu, elle et Gamon, quelques jours auparavant. « Enchantée, John. » lança-t-elle de son habituelle voix douce, avec l'envie de repartir en courant.

1114 mots.


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Dim 10 Sep - 20:14
Une nouvelle journée. Un nouveau rapport à délivrer, vide de sens. Aucun Méta n’avait été ramené aujourd’hui. Je ne savais pas vraiment si je devais m’en sentir soulagé ou contrarié. Enfin, après tout, peu importe. Je suis un soldat, on ne me demande pas de réfléchir, seulement d’obéir. Je traverse la ville d’un pas pressant en direction des laboratoires. Je dois délivrer le rapport du jour à monsieur Oakens, scientifique de renom qui était devenu au fil du temps un de mes amis. Une longue histoire, avec peu d’intérêt somme toute. Enfin bref. J’arrive finalement aux gigantesques bâtiments, où je pénètre en présentant mon badge d’identification aux gardes. Depuis l’évasion, la sécurité a été grandement renforcée dans les laboratoires, ce qui est compréhensible dans un sens. Après quelques contrôles supplémentaires, j’avance finalement dans les couloirs à grands pas, souriant légèrement aux scientifiques que je peux croiser. Droite. Gauche. Tout droit. C’est là.

Je tape trois fois à la porte, et une voix masculine m’invite finalement à entrer. Je pénètre dans la pièce où le docteur Oakens est penché sur un microscope, visiblement occupé à faire des analyses. Je m’approche, lui serrant la main avec un grand sourire. Je lui tend la petite fourre où se trouvent les rapports de recherche de la journée, attendant patiemment que ce dernier finisse de tout lire.

Je vois… Bien, merci encore John !

J’incline doucement la tête, avant de faire demi-tour, m’approchant de la sortie.

Oh et… John, attendez ! Voudriez-vous venir dîner à la maison ce soir ? Cela vous donnerait l’occasion de rencontrer Orwen !

Je m’arrête, me retournant vers lui avec un grand sourire charmant, comme à mon habitude. Orwen, sa fille. Il m’en a déjà plusieurs fois parlé. Je réfléchis quelques secondes avant de répondre. Je ne suis pas sur le tableau des patrouilles de ce soir. Avec un peu de chance, je pourrai convaincre sans aucun mal le chef du camp de me laisser la soirée de libre, surtout si mon hôte se nomme Oakens. J’opine finalement, croisant les mains dans le dos.

Ce serait avec un grand plaisir, monsieur Oakens. Quelle heure ?

Vingt heures. Parfait, cela me laissait trois heures pour aller déposer mes armes au camp, demander ma permission, me laver, me changer, et finalement arriver chez eux. Je salue le scientifique une dernière fois, puis je quitte les lieux d’un pas pressé. Cela va bien faire dix jours que je n’ai pas pris de permission, cela ne devrait pas me faire de mal. Je traverse prestement les rues de la ville, me dirigeant vers l’est, en direction du camp militaire, que j’atteins en vingt bonnes minutes. Direction la tente de l’Etat-Major. Le Lieutenant Phillmans est en train de consulter différents rapports journaliers, concernant des vols, les Métas, les incidents. Ce n’est pas un bon bougre, mais je le trouve parfois un peu trop porté sur la chasse aux Métas. Il en a presque fait une obsession. Je lui fais ma demande, et après quelques secondes de réflexion, il accepte. Je ressors soulagé, me dirigeant vers les douches communes. A cette heure-ci, il n’y a personne. Je fais une rapide toilette, avant de me rhabiller et de prendre la direction de ma tente. Tout est parfaitement rangé à l’intérieur. Je tire une grosse malle de sous mon lit de camp, la déverrouillant en entrant la bonne combinaison. Chez les Oakens, c’est tenue chique obligatoire. Je n’ai pas vraiment beaucoup de vêtements, à part mes vêtements militaires, et mon choix se porte sur mon costume de parade militaire. Un costard aux couleurs sobres, classe en toutes circonstances, où sont affichés mes grades et mon régiment sur les épaules. A la dernière minute, j’hésite à prendre la casquette réglementaire sensé l’accompagner. Mmh. Cela fera sans doute plaisir au docteur. Je l’attrape, la calant sur mon crâne, avant d’attraper un petit miroir pour m’admirer. Parfait. J’attrape une petite fiole de parfum, denrée rare que j’ai pu me permettre de m’offrir grâce à ma paye, et je m’en asperge au niveau du col. L’odeur arrive jusqu’à mes narines, enivrante, avant de s’éclipser au bout de quelques minutes, mon odorat s’y habituant finalement.

Je quitte le campement avec ma démarche rapide, saluant au passage quelques camarades à moi occupés à se moquer de ma tenue. Je me contente de leur faire un petit sourire amusé, avant de reprendre ma route. Je consulte ma montre. Dix-neuf heures. J’ai encore un peu de temps. Je me dirige vers un petit magasin de poterie, où j’achète un jolie vase en terre cuite, ainsi qu'une petite sculpture, gravée dans une racine, représentant un loup enroulé sur lui-même en train de dormir paisiblement. J'espère que la fille du docteur aimera ce présent. Je reprends ma route après avoir remercié la vendeuse, prenant finalement la direction de l’habitation des Oakens. Elle n’est pas très grande, mais elle reste tout de même assez chique. Je réajuste ma cravate, vérifie que ma casquette est parfaitement callée sur ma tête, puis je frappe doucement à la porte. Après quelques secondes, c’est un docteur Oakens tout sourire qui m’ouvre, me saluant amicalement, me donnant accolade sur l’épaule. Je lui souris amplement, mes cadeaux toujours en main.

Je vais bien, merci monsieur Oakens. Je vous suis.

Je retire ma casquette que j’accroche proche de la porte, tandis que j'offre le vase à monsieur Oakens, puis je fais quelques pas dans la maison en direction du salon, avant de soudainement me figer, mon visage affichant pendant moins d’une seconde de la surprise, avant que je ne reprenne finalement mon sourire charmeur habituel. Le contrôle de ses émotions, seconde règle. Je connaissais Orwen. Il y a de cela quelques jours, je l’avais vu en compagnie d’un Méta, et j’avais préféré continuer ma route, faisant semblant de ne rien avoir vu. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. C’était désobéir à un ordre direct, mais cela avait été plus fort que moi. Elle aussi semble me reconnaitre. Mon sourire grandit un peu plus, et je fais semblant de ne l’avoir jamais vu. Je m’approche, lui tendant la petite sculpture en bois finement réalisée, inclinant doucement la tête.

Tout le plaisir est pour moi Orwen. Votre père m’a souvent parlé de vous. Je vois qu’il n’a pas menti à votre sujet. Tenez, c’est pour vous.

Je lui tends toujours son cadeau, cherchant à capter son regard. J’essaie d’avoir l’air le plus apaisant possible, afin d’éviter que cette dernière ne panique. Elle devait comprendre que pour le moment, je ne comptais pas révéler son petit secret à qui que ce soit. D’une, cela ne ferait que de créer des tensions entre elle et ses parents, et de deux… Non, il n’y avait pas de deux. Ou du moins, j’essayais de m’en convaincre.
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Lun 11 Sep - 12:27
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Elle ne vit pas son expression de surprise mais elle le vit se figer quelques instants, preuve indéniable qu'il l'avait reconnu. C'était évident que ça arriverait, qu'ils se reverraient un jour par surprise, mais elle ne s'était pas attendu à ce que ce soit de si tôt. On la reconnaissait facilement, peu de personnes avaient une crinière aussi blanche que la sienne, la rendant unique. Pourtant, un sentiment contraire à cette crainte d'être démasquée pouvait se faire sentir au fond d'elle, surtout lorsqu'il se mit à sourire d'un air charmeur. Elle se sentit momentanément euphorique, alors que jusque là elle était craintive à l'idée de rencontrer un ami de ses parents. Il y avait quelque chose au fond de son regard, à moins que ce ne soit qu'une idée qui traversa son esprit alors qu'elle n'avait pas lieu d'être. Mais ce sourire qu'elle était parvenue à afficher lentement sur ses lèvres avait fini par partir dès que son père avait été emmené dans la conversation. Qu'avait-il bien pu dire sur elle ? Elle se le demandait, même si elle l'imaginait bien être du genre à flatter sa fille pour faire bonne figure, la faisant passer pour plus intelligente qu'elle ne l'était, pouvant surpasser n'importe quel scientifique et il avait sûrement du insister sur le fait qu'elle était très inspirée par la cause que lui-même défendait, et qu'elle trouverait ainsi par sa beauté un homme qui partagerait le même point de vue qu'elle. Des mensonges, évidemment, auxquels elle ne croyait pas. Secrètement, elle œuvrait pour les loups et elle faisait tout pour les sauver et non pour les tuer. Elle n'était pas en soi une femme exceptionnelle, pour son père, c'était ses actions qui la rendaient si stupéfiantes. Si seulement elle pouvait enfin oser le dire, mais non, elle n'avait pas le cran, et le dire devant un soldat allait sûrement lui jouer des tours. Inutile de risquer sa vie pour ça. Mais bientôt, cette volonté de lutter devint compliqué. Elle baissa les yeux sur le cadeau qu'il lui tendait, fier de sa trouvaille. Il avait de quoi. A peine eut-elle posé les yeux dessus qu'elle se sentit fondre. Cette sculpture de loup retenait toute son attention, elle était magnifique. Son admiration pour les loups se ressentit dans son regard, brillant, et dans le sourire joyeux qu'elle arbora alors, imaginant déjà poser le bibelot bien en évidence dans sa maison. Mais elle savait aussi que cela pouvait être mal vu. Les scientifiques ne les admiraient pas, ils les détestaient et les craignaient. Elle pensa pendant une fraction de seconde qu'il avait compris, mais elle laissa cette pensée de côté, prenant délicatement l'objet entre ses doigts, l'observant presque sous toutes ses coutures comme une enfant l'aurait fait avec un jouet. Elle caressa la tête de l'animal, ne sachant même plus quoi dire face à ça. Elle releva simplement la tête, reconnaissante, décidant tout de même de dire quelque chose avant que ses parents ne reviennent dans la conversation. « C'est un cadeau vraiment magnifique. Je ne sais pas comment vous remercier. » Les détails des poils étaient eux aussi très réalistes. Cette sculpture avait du lui coûter une fortune, il devait avoir bien du respect pour sa famille pour offrir un tel bijou, que les gens jugent bien souvent inutiles car peu pratiques quand il s'agit de survie. Mais ces bibelots donnaient de l'espoir et rajoutaient une touche magique à un intérieur, un peu comme à l'époque où les humains vivaient encore sur la Terre. « Qu'est-ce donc ? » grommela soudain Monsieur Oakens en s'approchant des deux jeunes gens. Il n'ajouta rien, mais la grimace qui traversa son visage voulait tout dire. Il se contenta de jeter un regard noir à sa fille avant d'aller poser le plat sur la table, soupirant bruyamment. Yandra arriva à sa suite, couverte comme si elle s’apprêtait à sortir. Haussant un sourcil, Orwen la dévisagea, sans comprendre. Elle finit par s'expliquer par elle-même après avoir rapidement embrassé son mari. « Un problème avec un loup. Je vous rejoindrais en fin de soirée. Bon appétit. » elle salua rapidement John puis quitta les lieux, les laissant tous les trois dans un silence des plus déconcertants. Se raclant la gorge, le maître de maison invita John et Orwen à s'installa côte à côte, face à lui. Orwen posa la sculpture sur un meuble et s'assit donc, commençant à ressentir de nouveau un peu de stress. Elle jeta alors un coup d'oeil à John, lui lançant un sourire naturel tandis qu'ils se firent servir généreusement. Ryan Oakens les regardait du coin de l’œil tandis qu'il entamait la conversation, priant sûrement intérieurement pour que sa fille ne dise pas quoi que ce soit qui pourrait jeter un froid. « La chasse a été bonne aujourd'hui ? J'ai entendu dire que des loups avaient été aperçus non loin de là. Je tiens à ce que ma fille et les habitants de la ville soient en sécurité. » Bien qu'il se tut pour s'asseoir et le laissa répondre, Orwen devina bien vite ce qu'il voulait dire : il n'y avait pas moyen qu'il apprenne que sa fille soit un jour blessé parce qu'ils faisaient mal leur travail, ou sinon, il leur ferait payer sans aucun remord. Après tout, c'était ce qu'il faisait de mieux. Elle se mit alors à prier silencieusement pour que la conversation ne dérape pas, ajoutant un peu d'eau dans les verres qui étaient sur la table. Se mordillant intérieurement la joue, elle se mit à dévisager le jeune homme à ses côtés, impatiente d'entendre ce qu'il avait à dire.

993 mots.


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Lun 11 Sep - 22:17
Visiblement, la petite sculpture de loup semblait lui plaire, et j’en fus soulagé. Elle le tripottait dans tous les sens, l’observant sous toutes ses coutures, comme complètement aspirée par l’œuvre. Pendant ce temps, je passais rapidement en revue le salon. Finalement, l’intérieur était relativement sobre, et bien rangé surtout. Rien ne semblait avoir été mis à sa place au hasard. Les Oaekens étaient visiblement des gens très bien organisés. Son père les aurait sans aucun doute adorés en réalité. Mon regard revient finalement sur la curieuse jeune femme face à moi, et je croisais son regard pénétrant l’espace de quelques secondes. Elle me remercia, et je me contentais de lui faire un grand sourire pour lui indiquer que ce n’était rien.

Finalement, notre petit tête-à-tête fut interrompu par le docteur, qui revenait de la cuisine. Vu sa tête, le cadeau que j’ai offert à sa fille n’a pas vraiment l’air de lui faire plaisir. D’un autre côté, c’était cela ou alors une grosse tête d’un des sénateurs, ce qui n’était pas vraiment le cadeau idéal pour une jeune femme. Je me contente de continuer de sourire, ne perdant pas ma bonne humeur pour si peu. Mon hôte se met alors à table, et je m’apprête à le rejoindre en bon garçon éduqué que je suis, mais je suis alors interrompu par Madame Oaekens qui débarque en trombe dans le salon, expliquant qu’elle devait s’esquiver pour aller régler un « problème » au laboratoire. J’opine doucement, la regardant partir avec un regard vide. Un problème. Je ne préfère même pas imaginer ce qu’elle entend pas problème, et encore moins de comment elle compte le résoudre. Sans que je ne m’en aperçoive, le silence s’est imposé dans la pièce. Seul le raclement de gorge de mon hôte me fait revenir à la réalité. Je me retourne vers lui, reprenant mon éternel sourire, avant de m’assoir face à lui, place qu’il m’indique d’un geste de la main. Me voilà donc assis à côté de la fameuse Orwen. Pour le moment, je préfère éviter de la dévisager, afin d’éviter au maximum d’instaurer un sentiment de malaise entre nous. Il y a des vérités qui ne sont pas toutes bonnes à entendre, et cette fois-ci, je préfère la garder pour moi, pour diverses raisons qui me regardent. Morales, principalement. De bonne conduite, également. Je préférais me voiler la face en me disant qu’il ne s’agissait en réalité que du second type de raison.

Le docteur nous sert tour à tour. Mon regard croise pendant une seconde celui de la jeune femme. Je lui fais un sourire sincère. Pas le type de sourire de façade derrière lequel je me cache habituellement, dicté par les règles apprises par cœur durant mon enfance. Non, un sourire qui vient du fond du cœur, qui indique que tout va bien se passer, et qui, je dois l’avouer, m’est aussi arraché par le charisme s’échappant naturellement de la petite scientifique. Je reviens rapidement vers mon assiette, légèrement troublé, puis relève la tête au moment où le père s’adresse à moi.

Ah. Il fallait en venir ici. La voix légèrement menaçante, qui cherche à grapiller quelques petites informations. Je connaissais ce genre d’astuces. Fort heureusement, j’ai appris à y réagir avec tact. Je pique un morceau dans mon assiette, le regardant quelques secondes, avant de l’enfourner dans mon palais. Je mâche, souriant au docteur, puis je l’avale finalement, ce cours répit m’ayant permis de mettre de préparer ce que j’allais dire.

Non, pour le moment nous n’avons repéré aucun loup dans les environs. Et ne vous inquiétez pas, le chef des armées est un excellent commandant, fin stratège en matière de répartition des unités, et nous nous efforçons toujours de détecter et de contrer n’importe quelle menace pouvant se présenter en ville.


Je n’avais volontairement pas utilisé le terme de Méta ou de loup. J’avais parlé de menaces, et j’avais même insisté sur ce mot. Car oui, pour moi, cela incluait également les hommes, et je ne comptais pas faire de tri entre métamorphe ou originel. Mais cela, bien sûr, je ne pouvais le dire de vive voix sans passer pour un malade. Je pique une nouvelle bouchée, avant de reprendre la parole, croisant les mains devant mon visage, dévisageant le docteur.

Et de votre côté, comment ça se passe ? J’ai vu que la sécurité du laboratoire avait été renforcée. Cela doit attirer beaucoup de monde ce qu'il s'y passe en ce moment pour qu’il y est autant de gardes désormais.


Je lui fais un grand sourire aimable, les mains toujours jointes devant mon nez. Autant partir sur un sujet qu’il apprécie pour éviter d’autres questions sur les Métas. Je lance un regard en coin à Orwen, sans rien dire. J’imagine que ce ne doit pas vraiment être le type de soirée dont elle raffole. Moi non plus d’ailleurs, mais les règles de l’étiquette se devaient d’être respectées. Je lui donne un petit coup avec mon genou comme pour la rassurer, puis je reviens vers le père, faisant mine d’être tout bonnement passionné par sa réponse.
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Mar 12 Sep - 10:37
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En voyant les regards que lui jetaient son père, Orwen se doutait qu'elle allait se recevoir une salve de critiques une fois que le soldat serait parti. Peut-être pensait-il que ces sourires étaient du flirt, mais la demoiselle pensait autrement. Elle était juste gênée et tentait de chercher un peu de réconfort dans le regard de cet inconnu, qui ne la connaissait pas et qui ne pouvait donc pas la juger. Elle tentait aussi de cacher toutes les pensées qui pouvaient lui traverser l'esprit et la faire rougir trop rapidement. Elle avait besoin de penser à autre chose que cette journée-là. Mais tous les éléments semblaient liés, tous les éléments voulaient le lui rappeler. Lui rappeler sa faiblesse, lui rappeler que sa naïveté lui jouerait des tours. Mais il l'avait vraisemblablement attirée, et ça, elle ne pouvait plus le nier. Peut-être que cela aurait été bien mieux si John était intervenu, dans cette ruelle, pour les séparer avant que le temps ne fasse effet, avant que le cerveau d'Orwen ne soit complètement déboussolé. Aujourd'hui, ce n'était pas mieux, c'était même pire, en entendant les mots sortir de la bouche de son père. Tout ça sonnait amèrement, comme des reproches, des insultes, des menaces, et dieu savait que la jeune femme détestait les menaces. Cela n'avait pas lieu d'être. Et puis, John avait sûrement bien mieux à faire que de passer son temps à la surveiller elle. Alors, elle comprit. Peut-être avait-il des doutes quant au fait qu'elle était bien de son côté, et voulait-il la faire surveiller davantage pour ne pas avoir à le faire lui-même, et se venger si jamais elle se trompait ne serait-ce qu'une seule fois. Et puis, il voulait d'autres petits pions pour continuer son travail si jamais il lui arrivait quelque chose. Sa femme était trop vieille pour lui donner des enfants, et risquait d'y perdre la vie, alors il préférait mettre en danger la vie de sa fille, du moment qu'elle pouvait lui donner un petit scientifique. Mais ça, c'était hors de question. Elle refusait de se plier aux ordres de son père, et même si ce soldat était charmant, rien que l'idée de pouvoir être un pion dans le jeu de son père l'empêchait d'apprécier réellement sa beauté. Peut-être que ça viendrait, quand elle serait seule, mais elle ne le souhaitait pas. Et puis, son père savait qu'elle avait quitté son précédent copain il y a quelques semaines, réduisant à néant ses chances d'avoir des enfants. Jeune, et déjà utilisée pour l'avenir de la planète. Cette idée la dégoûtait tout autant que celle que les loups pouvaient être ainsi en train de souffrir en cage. D'ailleurs, sa mère était-elle allée vers ces loups ce soir pour continuer secrètement ses expériences, ou même tuer l'un d'eux pour récupérer son ADN et ses organes ? Cette idée lui donna des frissons, et la fit aussitôt revenir à la réalité du repas. Elle n'entendit que la fin de la phrase de John, et releva vivement la tête, alerte. Elle n'avait pas entendu d'histoires concernant des problèmes au laboratoire, ou une arrivée massive de loups. Non, rien de tout cela ne lui avait été communiquée, alors qu'elle était censée être dans la confidence. Elle planta alors son regard gris dans celui de son père, qui semblait trouver l'histoire très drôle. Il ignora complètement sa fille, qui, encore une fois, jeta un œil à John. Elle mit une bouchée du repas insipide dans sa bouche pour le mâcher et faire comme si de rien était, mais elle était curieuse de savoir ce qu'il pouvait s'y passer. Elle haussa un sourcil quand son voisin de table lui donna un coup dans la jambe, sans comprendre. Était-il en train de lui faire du pied ou de lui faire passer un message codé ? Elle ne savait pas, mais elle s'était figée un instant avant de reprendre le cours de son repas, tandis que son père se calmait pour parler et révéler un petit secret qu'il devrait taire, le regard plus brillant de passion que jamais. « Une des métas attendait des petits. Elle a mis au monde ses trois petits sans aucun problème, même si l'un d'entre eux n'a pas survécu, mais il nous servira pour de futures expériences. » Orwen laissa tomber sa fourchette dans son assiette, faisant sursauter son père qui haussa les sourcils. Elle avala le féculent qu'elle avait dans la bouche avant de lancer un faux sourire et de jouer du mieux qu'elle le pouvait. « Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? J'aurais pu venir aider, c'est mon travail après tout. » Son père sourit d'un air qu'elle jurerait machiavélique et haussa les épaules en reprenant sa petite conversation, Orwen agrippant le bord de sa chaise pour résister à l'envie de partir de là en courant, imaginant déjà la suite des événements.  « Nous faisons d'ores-et-déjà subir quelques expériences aux petits, ils sont beaucoup plus réceptifs, et tu n'aurais pas supporté de voir ça, on te connait Orwen. John viendra pour toi et te racontera ce qu'il se passera, n'est-ce pas, mon ami ? » Elle soupira et hocha la tête, se remettant à manger tranquillement, tournant la tête vers ce John. Le pauvre était dans une machination qui n'était pas belle à voir. « Je pourrais peut-être y aller avec lui, non ? Je suis sûre qu'il me protégera quoi qu'il arrive. Et puis, je suis sûre que nous aurons plein de choses à nous raconter. Je manque cruellement de compagnie, en ce moment. » lança-t-elle en lui adressant un sourire qui se voulait charmeur.

982 mots.


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Mar 12 Sep - 13:15
Visiblement, j’avais réussi à captiver l’attention du père, ce qui n’étais pas forcément une bonne chose. Il se pencha légèrement en avant, et parla comme sur le ton du secret, un petit sourire malsain aux lèvres. J’écoutais, perdant mon sourire quelques secondes, mes mains jointes devant mes lèvres me permettant fort heureusement de le camoufler. Des petits. La vérité me sautait soudainement cruellement au visage. On ne les traitait pas seulement comme des prisonniers, ou des anomalies. Non, pour eux, les Métas étaient purement et simplement des animaux que l’on pouvait contrôler à sa guise. Je reprenais vite mon sourire de façade avant que cela ne se remarque. Je n’allais pas pouvoir tenir toute une soirée ainsi, je le sens.

Soudainement, Orwen lâcha violemment ses couverts dans son assiette, et je me tournais vers elle avec un regard interrogateur. Quelque chose clochait chez elle. Ses paroles ne corrélaient pas avec ses actions. Peut-être m’étais-je trompé, et l’homme que j’avais vu en sa compagnie n’était pas un Méta ? Non, impossible, j’en suis presque certain. Et puis, ils avaient l’air… plutôt proche. J’attrapais mon verre et buvais quelques gorgées, lançant un regard au père. A quoi joue-t-elle ? L’hôte rétorqua qu’elle n’aurait sans doute pas supporté l’expérience, avant de me proposer de me joindre à lui pour les tests. Hors de question. Je refuse d’assister à ça, je trouve déjà bien assez immonde de devoir les traquer, mais si j’assiste à ce qui leur arrive par la suite, je risque tout simplement d’être à jamais dégoûté de toute cette mascarade. Je m’apprête à répondre, mais suis interrompu par Orwen, qui semble bien décidée à ne pas lâcher le morceau. Je lui lance un regard et aperçois son sourire séduisant. Non jeune fille, tu vas trop loin. Je ne vais pas rentrer dans tes petites machinations. S’il y a une chose que je déteste plus que tout, c’est d’être manipulé contre mon grés, surtout si c’est par le biais de mes émotions. Je dépose mes couverts, ayant terminé mon assiette, avant de faussement consulter la montre à mon poignet.

Je suis désolé de vous décevoir Monsieur Oakens, mais je crains de ne pas pouvoir venir assister à vos tests. Ce ne serait d’abord pas très réglementaire, et ensuite, j’ai actuellement beaucoup de travail qui m’attend. Mais je suis certain que votre fille devrait être ravie de vous accompagner.

Même si je tentais de le cacher au mieux, une légère pointe d’amertume se fit sentir dans ma voix lors de ma dernière phrase. Je me relève, réajustant mon costume que je trouve beaucoup trop serré pour moi, avant de faire un faux sourire au père, qui me dévisageait sûrement avec surprise.

Je m'excuse de devoir vous fausser compagnie, mais je ne vais pas pouvoir rester plus longtemps. Le devoir m’appelle, je vais bientôt devoir retourner en poste. Les tours de gardes ont été renforcés depuis l'évasion des Métas.

C’était un mensonge, bien sûr. J’avais demandé à ne pas être en poste cette nuit, mais vu la tournure de la situation, je crois que je préférais encore patrouiller que d’assister à cette piètre conversation et à ces faux airs charmeurs. Je posais doucement les mains sur le dossier de la chaise, debout derrière cette dernière, continuant de dévisager mon hôte avec un sourire désolé, attendant que ce dernier se décide à me raccompagner à la porte.
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Mar 12 Sep - 13:54
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Quand il pose ses couverts en signe de capitulation, Orwen manque de faire une crise cardiaque. Son regard a beau lui ordonner de se rasseoir et de ne pas faire ça, le soldat ne semble plus vouloir obéir aux ordres. A moins qu'il n'ait été dégoûtée par le regard qu'elle lui avait lancé... Elle se sentit presque honteuse, mais elle n'avait pas eu le choix d'agir ainsi. Elle avait tellement peur de son père qu'elle n'osait tout simplement pas lui dire non. Elle avait essayé, quand elle était enfant, et ça lui était retombé dessus. Elle s'était souvenue d'avoir refusé de le suivre au laboratoire, un soir. Elle avait à peine dix ans, et il la contrôlait déjà. Il voulait lui montrer les loups, mais elle avait refusé, sachant très bien que ce qu'elle allait voir n'allait pas lui plaire. Il avait laissé son excédent de colère l'emporter, il lui avait claqué la joue si violemment qu'elle avait ressenti la douleur pendant des semaines. Et puis, il l'avait attrapée, et l'avait forcée à le suivre dans les rues jusqu'aux laboratoires où il travaillait. Elle était là, pestant, se débattant, hurlant, humiliée sous les yeux de ceux qui étaient sortis pour comprendre d'où venait ce bazar. Mais en voyant que ce n'était que la fille d'un scientifique en train de se faire corriger pour ses erreurs, personne n'osa intervenir. Et une fois au laboratoire, il l'avait installée devant la cage aux loups, et l'avait forcée à le regarder leur faire subir des tests. Elle avait pleuré, et cette scène s'était ancrée en sa mémoire sans jamais vouloir en ressortir. Et pourtant, ce n'était rien, comparé aux fois d'après, où il voulait la forcer à faire elle-même du mal aux loups. Une souffrance qui, aujourd'hui, la forçait à se soumettre à son paternel. Il lui avait bien fait comprendre qu'un faux écart et c'était elle, qui finissait dévorée par ces créatures de la nuit. Si elle était capable de le lui faire, il pouvait le faire à bien d'autres personnes s'opposant à lui, alliés, ou non. Elle se redressa à son tour, laissant son repas en attente. De toute façon, cette histoire lui avait coupé la fin. Son père ne bougeait même plus, il semblait choqué qu'on puisse ainsi quitter la table sans sa permission. Il posa tour à tour son regard sur sa fille et le soldat, avant de s'exprimer en se redressant également. « Passez donc voir tout ça quand vous en aurez le temps. » C'est tout ce qu'il parvint à articuler, et ressentant sa colère, le voyant bouillonner, Orwen prit les devants pour raccompagner leur hôte. « Je vais y aller aussi. J'ai des formules à ajuster. Passez une bonne soirée, avec maman. » Elle fit signe à John de se diriger vers la porte, attrapa la petite sculpture et quitta la maison bien trop rapidement pour que ce soit normal. Une fois à l'extérieur, elle prit une grande bouffée d'oxygène, sentant les larmes déjà lui monter aux yeux. « Je me sens pas capable de rentrer seule. Tu me raccompagnes, s'il te plait ? » demanda-t-elle gentiment avant de se mettre en route pour s'éloigner le plus vite de là et ne pas craquer. Son père lui tapait sur les nerfs et elle ne pouvait pas le cacher. Mais ce qui l'agaçait le plus, c'était de savoir que son père était prêt à faire payer n'importe quoi à n'importe qui. Alors, prenant son courage à deux mains, elle jeta un coup d'oeil au soldat, inquiète. « Tu n'aurais pas du dire non à mon père. Si tu le connaissais bien, tu saurais que c'était mettre ta vie en danger. Tu aurais du jouer le jeu. Tu n'avais qu'une chance et tu l'as ratée. » Elle détourna le regard, le posant désormais sur ses pieds qu'elle peinait à faire avancer. Sa voix était tremblante, continuant à s'exprimer comme elle le pouvait. « Tu es désormais dans la même catégorie que moi. Pour lui, tu es l'ennemi à abattre, celui qui a des convictions opposées aux siennes. Il est peut-être trop tard pour me sauver de ses seringues, mais toi, tu peux encore te sauver. » Elle redressa la tête, s'arrêtant un instant pour l'observer et être sûre qu'il l'écoutait bien. Elle préférait jouer carte sur table sans attendre, même si elle courrait des risques à le faire. « Je suis désolée d'avoir une famille de tarés. »

796 mots.


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Mar 12 Sep - 20:31
Ah. Visiblement je l’ai vexé. Non, je dirais plus, je l’ai contrarié, énervé, enragé. Pourtant, il garde un contrôle de lui-même assez impressionnant. Je ne peux qu’admirer cela. Je me contente de garder mon sourire désolé, feignant presque la tristesse. Je suis doué pour porter des masques, mais d’un autre côté, j’ai été élevé ainsi. Savoir contrôler ses émotions pour ne pas faillir au combat. Telle était la clé. Il parvint difficilement à lâcher quelques mots. Il les crachait presque. Je me contentais d’hocher la tête en seule promesse, promesse bien futile pour le coup. Je m’apprêtais à me retourner pour me diriger vers la porte, mais la fille Oakens intervint alors, insistant pour me raccompagner, et en profitant également pour s’éclipser. Je me demande presque si ce n’est pas dans ses habitudes d’utiliser les gens pour arriver à ses fins. S’en est presque regrettable.

Je récupère mon couvre-chef, le mettant sous mon bras gauche, avant de franchir la porte, respirant à plein poumons l’air de la nuit. Je me sens d’ores et déjà mieux. Je n’ai rien contre le docteur, bien sûr, mais son métier et ses lubies me sont assez… Dérangeantes. Je m’apprête à m’éclipser, mais avant de ne pouvoir faire quoi que ce soit, Orwen me demande de la raccompagner. Je m’apprête à poliment refuser, à la vue de la situation, mais visiblement, elle ne me laisse même pas le choix, en partant directement avant d’avoir écouté ma réponse. Je ravale un commentaire, avant de reprendre mon sourire, articulant.

Bien sûr, ce serait avec plaisir.

Je marche légèrement derrière elle, la laissant prendre la tête, étant donné qu’elle connait le chemin. Ce qui s’est passé tout à l’heure à table m’est resté en travers de la gorge, cependant, je n’en dis rien. Autant ne pas remuer le couteau dans la plaie. Au bout de quelques mètres, elle me jette un regard, puis prend la parole. Une mise en garde. Je savais que le docteur Oakens était puissant, mais dangereux ? Dans un sens, vu ce qu’il est capable de faire aux Métas, ce n’en serait pas vraiment étonnant. Non, pour le moment, ce que j’ai du mal à saisir, c’est à quel jeu Orwen joue. D’abord, elle fréquente visiblement un Méta – et vu la position dans laquelle je les ai vu, ce ne doit pas être qu’une connaissance -, ensuite elle essaie de me charmer pour accéder aux expériences de son père, et maintenant, elle tentait de me prévenir ? Quelque chose m’échapper. Soit elle était une excellente manipulatrice, soit elle était un peu naïve sur les bords. Surtout que, parler ainsi de son père devant un soldat, cela pourrait se retourner contre elle. Mais pas avec moi. Car je suis presque certain que ce qu’elle dit est la vérité, et que je ferais mieux de rester sur mes gardes.

Merci du conseil. Je saurais me débrouiller, ne vous inquiétez pas, et au besoin, vous savez où me trouver. Ma porte est toujours ouverte. Enfin, ma tente.

J’éprouvais encore une petite pointe d’amertume à cause du petit jeu qu’elle avait tenté d’entreprendre avec moi, mais au fond, je n’étais pas vraiment rancunier. Je lui fais un léger sourire, avant d’adopter un visage parfaitement neutre, observant l’habitation qui se trouve face à nous. Nous voilà arrivés à destination. Je la regarde quelques secondes. C’est vrai qu’elle possède un certain charme, mais au fond de moi, quelque chose me dit qu’il n’y a pas que de l’amitié entre elle et ce fameux Méta. Je souris légèrement, inclinant doucement la tête.

Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Je ne puis que vous donner un conseil. Faites attention à vos fréquentations, et à qui vous en parlez. Méfiez-vous de tout et de tous. Et surtout, faites attention à vous. Quelque chose me dit que nous nous recroiserons, à l’avenir.

Je lui fais un léger sourire, un vrai, compatissant. Puis j’attrape mon couvre-chef, l’ajuste sur ma tête, et me retourne, m’enfonçant dans l’obscurité de Réa. Cette soirée aura finalement été pour le moins enrichissante, je devais le reconnaitre.
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